Les remparts
Rappelons que la Ville-haute, quartier le plus ancien de Provins, est sise sur un éperon rocheux naturellement protégé au Nord, à l’Est, au Sud par les vallées des rivières Durteint et Voulzie , qu’il domine.
Seul l’accès Ouest, coté Plaine de Brie a nécessité un système de protection artificiel contre l’ennemi éventuel.
Aux origines, ce village aussi camp militaire a dû être protégé par une palissade de pieux de bois dressés dont aucune trace archéologique ne subsiste, puis, l’augmentation de la population au fil du temps a poussé la ligne des remparts vers l’Ouest, jusqu’où nous la connaissons aujourd’hui.
Les fortifications de la Ville-haute de Provins constituent un ensemble remarquable d’architecture militaire médiévale des XII° et XIII° siècles.
Les deux portes de Saint-Jean et de Jouy permettant l’accès à la ville disposaient d’un système de protection identique en sas. Un ensemble de rainures et de gonds subsistants se succèdent et indiquent que des herses et de lourdes portes se succédaient après l’abaissement du pont basculant (le pont-levis n’est apparu qu’au XIV° siècle), protégeant une porte charretière et une porte piétonne. Chacune de ces deux portes était coiffée d’une partie supérieure permettant le guet, détruite au cours des siècles suivants.
Ces deux portes ont un appareillage extérieur de pierres en bossage.
Elles sont liées par un mur d’enceinte composé de courtines et de nombreuses tours de défense de formes différentes : hémicylindriques, carrées, polygonales, en éperons… en alternance. Pratiquement chacune de ces tours a son nom propre et nombreuses sont celles qui cachent de belles salles voûtées d’arêtes ou d’ogives.
Les courtines et les tours sont renforcées par:
un puissant glacis à leur base, permettant de tenir les assaillants à bonne distance pour une meilleure surveillance et notamment d’augmenter les difficultés de la sape et de l’escalade à l’aide des machines de guerre de l’époque ;
un grand nombre de meurtrières disposées savamment pour éviter les angles morts et faciliter le tir à l’arc dans toutes les directions possibles ;
un chemin de ronde crénelé passant de tours en courtines, permettant une meilleure guette à l’abri des projectiles;
un imposant fossé restant toujours sec à Provins.
Ce système de défense était relié par des " petits murs " remparts moins massifs, au donjon " grosse tour ", Tour César aujourd’hui qui était le centre de commandement.